L'auteur s'inquiète de la résurgence de tabous liés à certains termes, comparant cette tendance à des croyances anciennes où le simple énoncé d'un mot suffirait à invoquer une réalité néfaste. En s'appuyant sur des controverses récentes, notamment autour de termes jugés offensants, le texte soutient qu'un mot ne possède pas de sens intrinsèquement raciste ou insultant en dehors de son contexte d'utilisation. En citant le linguiste Émile Benveniste, l'analyse souligne la distinction nécessaire entre le lexique et l'acte de parole. Confondre les deux revient à adopter une vision irrationnelle du langage. Cette approche, qui occulte l'intention du locuteur et le contexte de la phrase, est présentée comme une entrave directe à la liberté d'expression, car elle empêche l'interprétation nuancée du discours au profit d'une censure automatique fondée sur le vocabulaire employé.
Source : Le Devoir



